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Yannick raconte sa course SaintéLyon

publié le 8 déc. 2014 à 06:56 par Yvan Jourdan   [ mis à jour : 8 déc. 2014 à 07:00 ]
Hello,
 
Et oui, je suis bien là, relativement en forme après une bonne nuit de récupération mais n’exagérons pas. Quelques courbatures et brulures viennent perturber le quotidien.
Voilà, j’ai fini ma SaintéLyon et c’est bien là l’essentiel ! Sourire
 
Une très belle course où il faut savoir gérer les hauts et les bas... Le plus beau est en effet la guirlande de lumière lorsqu’on est dans les premiers monts à la sortie de Saint-Etienne (ma photo avec le téléphone n’est pas terrible mais bon...).
 
J’ai pris la navette vers 19h  à Lyon comme conseillé par l’organisation... Arrivée peu après 20 heures à la salle des sports de Saint-Etienne. Dehors, on pouvait entendre les clameurs du stade Geoffroy-Guichard car il y avait match de foot !
J’arrive dans la salle, et là je vois plein de monde avec tapis de sol et sac de couchage ! Je me suis dis: “Ah, je suis un pur amateur et un vrai débutant!” 4 heures d’attente qui ne sont pas si longues que cela (on se prépare tout doucement)... David qui créchait à Saint-Etienne me rejoins tranquillement vers 22h. Minuit approche... l’ambiance monte !
 
Nous sommes parti à l’allure prévue avec David et les sensations étaient très bonnes sur la partie facile (une moyenne de 11,5 km/h pour ne pas se griller et aussi, ne pas rester dans le gros du peloton...).
Arrive alors les premières difficultés avant le premier ravitaillement... Parti avec une p’tite crève que j’avais réussi à plus ou moins soigner avant le départ, je me suis rendu compte que je manquais de couches dans les zones les plus froides...
Ayant embarqué suffisamment d’eau et ayant quelques trucs à grignoter (malgré les conseils du site, j’en avais pris trop aussi), j’accepte la proposition de David de sauter le 1er ravitaillement au 16ième km à Saint-Chrito en Jarez... Une p’tite erreur au final car j’aurais peut-être du me boire une boisson chaude... En effet, la deuxième portion était encore plus froide et je me suis retrouvé avec cette sensation très désagréable du froid. J’aurais voulu rajouter une couche de vêtement que je n’avais pas... Bonnets et gants commençaient à ne plus être efficaces... Je me suis accroché à David qui a levé le pied pour qu’on puisse arriver au deuxième ravitaillement ensemble à Sainte-Catherine (28 km)... Là je me suis vite précipité sur une bonne soupe (enfin du chaud !!!) me suis un peu posé pour justement retrouver cette chaleur qui me faisait défaut (je tremblotais vraiment). Disons que du km 20 au km 28 (zone où on a vu le plus de neige... Mais bon très peu), j’étais plutôt pas très bien et que je regrettais de ne pas avoir de vêtements plus chauds. Je remplis ma poche d’eau puis cherche David pour repartir... Pas moyen de le trouver... P’tit coup de téléphone... David m’avait cherché aussi et était déjà parti... Résultat, j’ai bien du m’arrêter 20 minutes ! Il me dit qu’il lève le pied pour m’attendre... Je repars, un peu revigoré mais j’ai du mal à trouver le rythme pour le rattraper...
 
Même si je suis un peu mieux, cette 3ième portion est la plus dure... je sens que je ne pourrai rattraper David, me mets à mon rythme et gère au mieux ma course. D’autant qu’un petit détail m’agace énormément... bref, petit détail mais je pense que cela m’a fait perdre pas mal de temps... Lorsque j’ai rempli ma poche d’eau, le tuyau s’était un peu mal enroulé. Résultat: au début de la portion, j’arrivais à boire une gorgée puis à un moment donné, plus rien... Par 3 fois, j’ai du m’arrêter pour ouvrir mon sac et remettre le tuyau en place pour qu’il n’y ait pas de blocage. Avec la fatigue, je devais certainement mal le faire. Je regrettais de ne pas avoir pris 2 gourdes. La poche c’est bien mais ça reste pas si pratique que ça. C’est donc un peu agacé que j’arrive au 3ième ravitaillement (38 km). Et là, je commence à voir les abandons et les gens au p’tits soins. Je me concentre sur moi et me dis “ça va p’tit gars, t’es bien mieux que d’autres même si c’est pas le top... Et puis 38 km, c’est déjà la plus grande distance que t’ai faite en mode trail !”... Un p’tit texto à David pour lui dire de ne pas m’attendre (je me doutais que lui, il était bien, le gaillard, et je ne voulais pas être un boulet ! I ll avait un train à prendre à 10h ! Belle motivation pour lui Clignement d'œil). Un bon thé qui fait du bien... quelques discussions avec d’autres (notamment 3 jeunes avec qui on rigole bien se donnant rdv au prochain ravito car repartant avant eux, je pensais qu’ils me rattraperaient) et c’est reparti... On oublie tout le reste et on se concentre sur sa course pour atteindre le vrai objectif: Finisher et peu importe le temps.
 
Une 4 ième portion certes plus facile, mais où les sensations sont revenues... Je pense que j’arrivais à reprendre des bonnes allures sur le plat. Je continuais comme tout le monde (sauf ceux qui faisaient la course en relais) à faire les montées en marchant mais à un bon rythme... les descentes étaient plus faciles... Que cela fait du bien au moral !!! Les km étaient moins longs... et c’est avec étonnement que je vois poindre le ravitaillement suivant plus tôt que je ne le pensais... Me voilà à Soucieu (48 km), en jambes et motivé (bon finalement je crois que les 3 jeunes, ils sont plus loin derrière)... Là les files d’attentes pour les abandons et les soins s’agrandissent... Le moral est là, même pas la sensation d’avoir besoin d’aide... J’ai toujours dit : “Jusqu’aux 50, ça devraient aller. Après, on verra !” Je suis bien... Je discute avec un autre. Il est content car il est plus que largement dans les temps pour faire moins de 10h... On a tous les 2 le sourire... Il me voit et on regarde si c’est possible de faire moins de 9 h... Il me sent prêt et me motive à tenter le coup... On en rigole... Comme je suis mieux et que je n’ai rien à perdre, allez on repart sur des bonnes bases... je retrouve une allure de 10-11 km/h sur les parties plates et descendantes... mais la fatigue est là, et j’avais oublié qu’il restait encore quelques belles difficultés même si le plus dur était passé... Du coup, me voilà bien ralenti par des nouvelles côtes et la descente du 55ième km me fait bien mal aux jambes.
Petit à petit, je perds d’allure et les derniers km avant le dernier ravitaillement m’ont paru bien longs... Pourtant, j’arrivais à trottiner mais avec les côtes, je ne retrouvais qu’une allure de 7km/h de moyenne... Bref, c’est pas gagné du tout pour les moins de 9h ! Enfin, le voilà, ce dernier ravitaillement à Chaponost (60 km)... Et là, bien sûr, je savais que j’irai jusqu’au bout... Par contre, c’est complètement mort pour faire moins de 9h ! Un p’tit coup de téléphone à Madame pour prévenir qu’ils peuvent venir me voir à l’arrivée et vu mon état, que je ne sais pas trop où j’en suis, je dis entre 9h15 et même 10h... Elle me suit sur Internet et dit que mon arrivée est prévu vers 9h20... J’ai perdu toute notion et même cette horaire d’arrivée me parait finalement compliqué... Peu importe, le plus dur est fait et il ne reste plus qu’à finir le “travail”. Et puis au moins je ne vais pas arriver trop tôt pour ma famille ! Sourire
 
Bon ben c’est reparti après avoir remis de l’eau dans ma poche car je n’en avais quasiment plus. La dernière portion commence par du plat et je me remets alors dans le rythme. Je suis pas si mal, ai envie de prendre une gorgée d’eau et là, de nouveau, le tuyau bloqué !!! Je peste ! Tellement pas lucide que je laisse tomber et décide d’essayer de finir sans trop boire. Finalement, les derniers km, en terme de dénivelé, sont plus compliqués qu’ils n’y paraissent avec l’enchainement de p’tites côtes et de descentes... à 6-7 km de l’arrivée, plus de batterie à ma montre... Je n’ai pas le courage de prendre celle de rechange que j’ai mis dans le sac. Je ne sais pas où j’en suis... J’ai tellement l’impression de mal avancer avec ces nouvelles côtes que je me dis que je vais faire plus de 10 h !!!! Panneau 5 km, je demande l’heure à un autre coureur... Il parait déçu, il voulait faire moins de 9 h... Moi, je me rends compte que malgré la sensation de lenteur, j’avance quand même et que l’essentiel est là... je vais finir et en plus dans un temps raisonnable. Dans une côte je me décide à retirer mon sac pour boire et libérer le tuyau d’eau. Voilà je finis sans forcer... Et à chaque panneau de kilométrage, je demande l’heure (comme quoi, malgré tout, je voulais savoir si je gardais une allure, histoire de bien dire que j’ai fini en courant !)... Sur les ponts de Lyon, toutes les voitures nous doublent en klaxonnant et fenêtres ouvertes pour nous crier des bravo. Super sympa !!!!! Par contre, beaucoup de coureurs me doublent sur les 2 derniers km... Comme je savais que j’arriverais en moins de 9h30, je me suis mis en mode “on profite” de ces derniers instants qui sont aussi pour moi, le début de la “récupération” (j’ai même du mal à comprendre ceux qui me doublent et qui “forcent vraiment comme des malades” pour grappiller 1 minute ou 2... hé ho, ça fait plus de 9 heures qu’on court ! Et là, tu ne vas pas faire moins de 9 h !)... Comme à La Rochelle, à partir du moment que je sais que je n’ai rien à gagner à faire un pseudo sprint, je finis au petit trot... L’émotion est là car c’est vraiment ma toute première expérience de course très longue... Je suis heureux de finir. Malheureusement, je n’ai pas réussi à voir ma p’tite famille qui m’a juste rejoint à l’espace ravitaillement... je laisse éclater ma joie car l’objectif est bel et bien atteint... Entre la satisfaction et la grande fatigue, quelques larmes coulent.
 
Bravo à David, c’est énorme ce qu’il a fait ! 8h41 !!!  Et surtout, il a réussi à prendre sont train (motivation que moi, je n’avais pas Sourire)!
 
et pour moi, les stats sont:
1623 ième sur un peu moins de 5000 finishers (près de 1500 abandons !) en 9h26”26’... J’en suis très fier car je n’ai pas entamé la course dans les meilleures conditions (il fallait entendre ma voix et mes quintes de toux les jours précédents ! ).
 
Les conditions étaient beaucoup moins dantesques que les années précédentes (heureusement, nous n’avions pas la neige habituelle et les -15°C) mais le parcours était bien boueux et le froid était quand même là.
Merci à ma gentille femme qui a assuré comme une chef, hier, pour nous ramener, à elle toute seule, sur Rennes !!!
Hier après-midi, le corps était pas mal douloureux et très fatigué... J’ai eu la très agréable surprise d’être beaucoup mieux ce matin après une bonne nuit de récup... Même si j’aurais pu “mieux” courir, c’est ce matin que je me rends compte que j’ai plutôt bien préparé la course ! Encore Merci à tous ceux qui m’ont accompagné dans cette période de préparation !
J’aurais bien aimé voir tous mes amis qui étaient sur Lyon mais je suis désolé, cela restait bien compliqué de palier repos et fête (et puis, je me suis plus concentré sur la course que sur toute l’organisation du week-end)... Déjà que j’ai profité de la magnifique fête des lumières jusque Minuit et demi vendredi !!! Le samedi a plutôt été un temps de repos... Puis, malheureusement, on ne pouvait pas trop rester le dimanche car les enfants sont retournés à l’école ce matin.
 
Les pensées on encore été très forte pour mon papa....
 
La prochaine “grande” aventure n’est pas encore programmée... Je voulais faire les 100 km de Steenwerck dès l’an prochain pour faire plaisir à Papa, mais je pense revenir sur mon idée initiale de les faire pour mes 40 ans !
L’idée est quand même là, d’aller chercher un marathon en moins de 3 heures !
 
Une expérience très riche qui oblige à aller chercher des ressources inexplorées jusque là... Et je confirme ce que me disent les ultra-trailers... Un trail long ce n’est ni plus ni moins que des étapes entre chaque ravitaillement !
À chaque fois, le prochain objectif c’est le prochain ravitaillement ! Sourire
Oui, finisher et fier de l’être !!!
 
Voilà, c’est aussi un grand plaisir pour moi de rédiger ce roman, ma façon à moi de faire vivre mes premiers grands projets de course (bon je vous épargne les autres “p’tites” courses que je fais par ailleurs Clignement d'œil)
J’espère que vous y prenez autant de plaisir à lire...
 
Yannick
 
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