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Yannick raconte son premier marathon

publié le 8 avr. 2014 à 13:00 par Yvan Jourdan   [ mis à jour : 15 avr. 2014 à 00:48 ]
Bonjour,
 
Suite à tous vos messages de soutien et d’encouragement, je me dois de vous faire un retour sur la course d’hier...
Avant ça: ENCORE MERCI MERCI MERCI pour tout vos p’tits mots, votre participation à mon challenge et donc tout simplement votre présence...
 
Je recopie le petit résumé succinct de ma page de collecte:
Et voilà c'est fini !!!! De très grosses crampes à l'approche du 35ième auront eu raison de mon chrono. Dommage ! Mais j'ai mis toute la hargne et la volonté pour finir, m'accrochant même jusqu'au bout pour me battre avec le chrono et finir en moins de 3h15....
En résumé, un bon mélange de sentiment: la frustration du sportif (on ne se change pas) et, avec du recul, la grande fierté de ne pas avoir baissé la tête et d'avoir eu de grosses pensées pour mon papa (et d'autres amis qui nous ont quitté ou qui se battent contre la maladie) pendant ces 7 km de souffrance....
 
... que je ponctue par quelques p’tits commentaires et anecdotes (ok désolé ça fait un peu roman... mais bon, je suis bavard et en footballeur que je suis, il faut bien un “On refait le match”). Vous m’excuserez aussi car il y a peut-être des coquilles dans la chronologie (mais bon difficile de remettre les évènements dans l’ordre):
 
    - juste avant le départ et pendant les premiers km, j’ai eu la satisfaction (ce qui m’a peut-être aussi piégé) de ne plus avoir mes pointes... La confiance perdue les jours précédents était de retour !
    - je me suis très vite mis à mon allure d’entrainement (je visais 4”08 mais il est vrai que j’étais toujours autours des 4”05 lors des sorties allure marathon, donc je m’étais dit pourquoi pas !)... Finalement j’ai fait près de 33 km très réguliers en 4”06 au km), ce qui aurait pu me permettre sans les crampes de titiller les 2h55 au final ! Je l’ai joué à la Békélé mais, pour moi, Diagana avait raison !
    - à aucun moment je n’ai eu le sentiment d’avoir soif... même à la fin ! Malgré tout j’ai bu ma bouteille d’eau à chaque ravitaillement (peut-être encore trop peu)... Par contre, je pense avoir manqué de sel ! La non présence de produits salés aux ravitaillements m’a d’ailleurs un peu perturbé, et ce, dès les premiers ravitos (d’autant que je ne courre pas avec gels ou autres produits de sportif. Par principe et pour le moment je ne déroge pas à la règle). Certes y avait du powerade au départ (que je n’ai pas pris) et au semi, mais c’était tout.
    - Parait-il qu’il faisait chaud... et ben là non plus, je n’ai jamais eu le sentiment de chaleur... Toute la course, j’ai trouvé les conditions idéales. Peut-être ai-je manqué de recul par rapport à de telles sensations.
    - certes quand j’ai croisé Jérôme vers le 32-33ième km, je ne sais plus (que je remercie car j’y croyais encore dur comme fer), je commençais un peu à baisser de rythme mais j’étais encore confiant. Il faut dire que par rapport à la barre des 3 heures j’avais encore de la marge (même 2h55 était encore jouable).
    - mon challenge m’a peut-être fait perdre un peu de lucidité car dans la tête j’étais bien (voir trop guerrier) et je pensais pouvoir surpasser toutes les souffrances.
    - Puis à l’approche du 35ième km, crac, la très grosse crampe sur la cuisse droite, complètement tétanisée (malgré quelques p’tits signes, je ne l’ai pas vu venir !)... Merci au spectateur qui m’a bien aidé à m’étirer... En marathonien qui a déjà connu les même déboires, “Faut mettre de l’eau froide sur la cuisse et Faut boire de la Saint-Yorre ! Allez courage” qu’il me dit... Pour l’eau froide, ok. Pour la Saint-Yorre, j’en ai bu beaucoup après chaque sortie longue et même vendredi... Et là je savais que je manquais de sels minéraux !
    - Je passe le 35ième, finalement, encore dans les temps par rapport au 3h... malgré cet arrêt “crampe” relativement long. Au ravitaillement, un peu plus loin, je me bois 2 bouteilles, me fouts de l’eau sur les jambes et arrive à repartir (c’est vrai que j’aurais peut-être du prendre une bouteille avec moi)... mais bon, c’est mort pour les 3h !!!! (du coup, je marche un p’tit peu sur 100-200m). Tout doucement , comme j’ai cet esprit de battant par rapport à notre challenge, j’arrive même à facilement me remettre dans un certain rythme, là où d’autres semblaient avoir le moral complètement dans les chaussettes et n’arrivaient même plus à relancer...
    - là je croise Marie-José Perec toute seule en spectatrice sur le bord du trottoir... Sur le coup, j’étais moi aussi un peu seul à passer à côté d’elle... Je dis à haute voix “ah tiens c’est Maryse ! bonjour, euh, Marie-J...” (ben oui sur le coup, au niveau du prénom, j’ai un peu confondu avec Maryse Evan-Jeppe). Elle répond d’un joli sourire et d’un petit “Allez Courage” !
    - Bon, là j’aurais certainement du ne pas repartir aussi vite (autours de 5min au km) car à peine 1 km plus loin, re-crac... et cette fois les deux cuisses !!! Là je peste me débrouille seul pour m’étirer !!! puis repars et me dis “allez, moins de 3h05...
    - Je me trouve un compagnon de galère qui cours avec moi (on trouve même le moyen de rigoler – ”Bon ben y a plus qu’à finir !” ) et puis re-crac... Idem, un spectateur, un peu moins doué que le premier m’aide... Un coureur me file la bouteille d’eau qu’il avait dans sa main (merci à lui)... Je repars (pour le coup je n’ai jamais pensé finir en marchant). Allez, nouvel objectif: moins de 3h10 !!!
    - je dois être à 10 km/h et là arrive presque le km 41... je me dis plus qu’un... et puis Re-CRAC !!!! Sic sur tous les gros mots que j’ai pu hurler à ce moment là... D’ailleurs, remontaient trois gars de la croix-rouge... Ils me proposent leur aide que j’accepte volontiers car les deux cuisses étaient très tétanisées... Ils se mettent à 3 pour me tirer les 2 jambes avant que l’un d’eux me demande: “ouh là, vos jambes sont bien bien raides, est-ce que vous voulez monter dans la voiture ?”... et là, le cri du coeur : ”ça va pas la tête, il reste 1,2 km, au pire, je vais finir en marchant !”. Je repars donc en marchant jusqu’au km 41 (sur une dizaine de mètre en fait)... regarde mon chrono, autours de 3h08... allez bonhomme, objectif 3h15 !!! pour papa... bref, vous l’aurez deviné, je me remets à courir... bon là il n’y a plus aucun contrôle... à 400 m de l’arrivée, je passe devant le stand de la “Ligue contre le Cancer” où j’ai droit à une salve d’encouragements... regarde mon chrono... “allez, purée, 3h15, t’as pas le droit de rater ça !!!” Je crois que j’ai fini par une sorte de course-marché comme un canard (si y a une vidéo ça doit être terrible !), j’arrive même à doubler d’autres coureurs qui courent encore normalement. Comme je longeais les grilles, j’ai vraiment senti un soutien énorme par rapport à ma façon de finir... (malheureusement, il n’y avait pas le prénom sur mon dossard ! Certainement parce que j’ai eu un des derniers).  Et voilà, 3h14”40 ! Un peu de fierté... mais j’avoue que la frustration du sportif (car je n’avais pas de sentiment ni de soif, ni de grosse fatigue) a repris le dessus sur le moment !
 
    Par la suite, je me suis posé pour me vider la tête... même pas eu le courage d’aller voir les masseurs (trop de monde) ensuite... D’ailleurs, les crampes sont finalement vite parties et ne sont même plus revenues depuis. Certes j’ai des courbatures mais au final, ça va.
 
    Merci à ceux qui sont venus me voir... car en effet, j’avais besoin d’entendre certains mots après l’arrivée... On a donc été boire la p’tite bière promise... ça a fait du bien au moral !
    Et du coup, je ne retiens que la p’tite phrase de Damian: “C’est plus beau d’avoir fini comme t’as fini, que finalement, si t’avais fait moins de 3h sans difficulté !”
    Voilà, c’est vrai, j’ai tenté 2h55 (objectif officieux sur lequel j’avais basé ma préparation), ça l’a pas fait... Et comme me disent tous les marathoniens : “Y a toujours un jour où tu ne peux éviter le mur !”
    C’est vrai que j’ai fait le maximum, oubliant certains p’tits détails... J’y ai certainement mis trop de passion... et reviendrai certainement sur plus de raison pour le suivant ! Non mais ...
 
MERCI à vous tous et Courage, bats-toi, Papa !!!
   
Yannick
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